Des conventions de tatouage en compagnie d’artistes… ou d’artisans d’art ?



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Voilà quelques années maintenant que la question anime et divise la profession. Officiellement, le métier de tatoueur n’existe pas ; qu’ils aient prêté allégeance au SNAT ou à Tatouage & Partage, nombreux sont les tatoueurs qui rêvent d’un véritable statut. Mais quand le syndicat de Tin-Tin appelle à un statut d’artiste pour les tatoueurs de France, l’association de Stéphane Chaudesaigues prône, elle, un statut d’artisan d’art pour tous. Pourquoi ces divergences ? Explications signées Convention Tatouages.

 

 

Najat Vallaud-Belkacem « enthousiaste et favorable » à la reconnaissance d’un CAP tatouage

Artiste ou artisan d’art ? Au cours de l’automne 2016, la question aura été sur les lèvres de bien des tatoueurs français. Celle qui a relancé – sans doute malgré elle – le débat, c’est Najat Vallaud-Belkacem. La Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sous le gouvernement Manuel Valls II était en visite au Centre des Métiers d’Art de la Polynésie française le 23 octobre 2016. Dans cette région où le tattoo est roi, elle s’est déclarée « enthousiaste et favorable » à une reconnaissance, à terme, d’un nouveau C.A.P : celui pour les tatoueurs.

 

De la question de la formation diplômante à celle du statut

Tollé pour le SNAT, encouragement pour Tatouage & Partage : la déclaration de la Ministre a fait l’effet d’une bombe dans le petit monde de l’encrage. Car au-delà de la question sous-jacente posée par Najat Vallaud-Belkacem – faut-il une formation diplômante pour les tatoueurs de France ? – ressort celle du statut.

 

« Il n’y a absolument rien de péjoratif à ne pas être un artiste-tatoueur mais simplement un tatoueur »

Le SNAT tient toujours à obtenir le statut d’artiste pour tous les tatoueurs de France – une utopie doublée d’un non-sens pour l’association Tatouage & Partage. Pour son président Stéphane Chaudesaigues, « il n’y a absolument rien de péjoratif à ne pas être un artiste-tatoueur mais simplement un tatoueur, bien au contraire : il est honorable de mettre sa maîtrise du dermographe au service de son client ». Et de compléter : « Nombreux sont les tatoueurs qui, à l’heure actuelle, exécutent simplement une commande en réalisant un signe de l’infini, un cœur ou une croix, et ne répondent pas à la définition qu’offre le Code des impôts d’une œuvre d’art ».

 

Taux de TVA réduit et formation des apprentis au cœur du débat

À l’inverse du SNAT, qui aimerait que les tatoueurs bénéficient d’un taux de TVA réduit et cotisent à la MDA comme tous les artistes, Tatouage & Partage milite pour l’inscription du tattoo sur la liste des métiers d’art comme décrits par l’article 22 de la loi n° 2014-626 du 18 juin 2014 relative à l’artisanat, au commerce et aux très petites entreprises. « Ce statut permettrait de former officiellement des apprentis, de reconnaitre la participation du conjoint collaborateur et de bénéficier d’une assurance professionnelle », confie-t-on chez Tatouage & Partage. Vers quel camp pencheront les autorités lorsqu’elles légiféreront sur la question ? L’avenir nous le dira…